Le Mans - Laval : un derby à ne pas rater
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Au-delà d'un classique match de Ligue 2, c'est surtout une rencontre tendue et remplie d'adversité qui se jouera cette après-midi au stade Marie-Marvingt. Jetons un œil sur ce duel entre deux rivaux aux armes bien inégales.
Le Mans : un championnat à aller conquérir
Samedi, Le Mans n'a pas fait que mettre à terre le leader troyen du championnat. Il a aussi bousculé toutes les statistiques : record égalé du nombre de matchs sans défaite pour un promu en L2 (seize rencontres), et du nombre de matchs sans défaite dans l'histoire du club (vingt matchs). Les Sang et Or ont aussi réussi a franchir un nouveau plafond de verre, en battant avec plus d'un but de différence leur adversaire : une performance qui n'était pas arrivé depuis... le dernier match de la saison dernière en National, face à Versailles ! Au-delà de ces records qui font plaisir, cette dynamique mancelle reflète surtout l'incroyable force de ces Manceaux, qui arrivent toujours à percer là où on ne les attend pas.

Les hommes de Videira ont donc marqué les esprits en battant un adversaire jugé imprenable, particulièrement à domicile, puisque les Troyens sont tout simplement la meilleure équipe à domicile en Ligue 2. Mais voilà, les Manceaux ont vu dans le bloc champenois, une faille, un manque de confiance qu'ils n'ont pas hésité à exploiter. Ainsi, Erwan Colas a ouvert le score à la 34', enchaînant sa deuxième réalisation en deux matchs, puis a été suivi d'un formidable tête d'Harold Voyer, qui a fait le break dans les derniers instants de la première période. Un tel résultat est plus qu'une victoire : c'est une véritable consécration, pour des promus qui cherchaient surtout à se maintenir cette saison et ne s'attendaient pas à s'offrir le scalp des plus grosses écuries de la deuxième division.
Revigorés par cette victoire, les Sang et Or ont dû se poser la question cruciale, celle qui taraude toutes les équipes de football : doit-on privilégier le championnat ou la coupe nationale ? Dans le cas du Mans, le choix était plus que cornélien : d'un côté, les camarades de Milan Robin ont su se positionner dans le top 3 du classement. De l'autre, ils avaient réussi à se qualifier pour les huitièmes de finale de la Coupe de France. Conscients qu'ils ne vivront pas deux fois une dynamique similaire, les Sarthois ont donc décidé de tout jouer à fond, avec le cœur. C'est finalement Reims qui aura eu raison de ce dilemme, en battant Le Mans d'un dur 3-0, rompant ainsi la série d’invincibilité "tout championnat confondu" de vingt matchs...
Les hommes au maillot Sang et Or sont donc plus que jamais concentrés sur un unique objectif : rouler sur un championnat qui ne les attendait clairement pas à ce tournant. Meilleure défense de Ligue 2 (seulement dix-huit buts concédés), la formation mancelle a déjà assuré son maintien dans le championnat, et a maintenant les mains libres pour viser le plus haut sommet. Même si Coach' Videira reste toujours très évasifs sur son objectif final, on peut tout de même lire en filigrane de ses déclarations, une volonté de viser les barrages d'accession à la Ligue 1, voire le haut du podium si les événements tournent en notre faveur...
Le Mans revendique clairement son statut d'outsider, de petit nouveau qui bouscule une saison de Ligue 2 déjà très compétitive, puisqu'il n'y a que sept maigres points d'écart entre le leader et le cinquième au classement, et dix avec le dixième... Dans un contexte aussi particulier, les Sarthois savent qu'ils ont la voie libre pour jouer avec passion tous leurs matchs, afin de s'installer durablement, mais toujours à pas de loup, dans la tête du peloton. Ils devront aussi avoir conscience que cette même route peut être rapidement être entravé d'embûches si les Sang et Or lâchent du lest, voire commencent à se reposer sur leurs lauriers...

Face à l'avant-dernier du championnat, Le Mans doit impérativement gagner, afin d'assurer numériquement, mais aussi symboliquement, son statut de trouble-fête. Cet impératif est autant plus grand que l'adversaire d'aujourd'hui n'est pas n'importe qui, puisque le groupe d'Edwin Quarshie affronte son ennemi de toujours : Laval. Dans un derby qui promettra des rebondissements autant sur le terrain qu'en dehors, les rancœurs du passé vont se conjuguer avec les enjeux d'aujourd'hui afin de fonder les bases d'un nouveau chapitre du Mans FC. Face à l'histoire, les Sang et Or n'auront qu'un seul devoir : gagner. Une saison totalement réussie ne le serait peut-être pas, en effet, si les Sarthois ne ressortent pas victorieux de ce brûlant et passionnant derby.
Laval : soldat ennemi à terre
Si l'on devait donner l'état de forme actuel du Stade lavallois, on pourrait le résumer avec une simple statistique : les Mayennais n'ont plus gagné de matchs en Ligue 2 depuis le 25 novembre 2025, avec la victoire 2 à 0 face à Bastia, lanterne rouge du championnat. Cela fait donc 75 jours que les Tango n'ont pas rencontré la victoire, n'ayant glané qu'une pauvre unité en faisant match nul contre les Amiénois...
La dynamique lavalloise, qui tourne peu à peu au marasme sans issue, est un véritable calvaire que les camarades de Mamadou Camara ne pensaient affronter cette saison. La période devait en effet être pour le groupe d'Olivier Frapolli, une période de stabilisation sensé ancrer Laval dans le haut du tableau après l'honorable performance de la saison dernière (septième du classement). Or, les événements ont eu raison de la relative stabilité mayennaise, et le sol s'est écroulé sous les pieds lavallois, les plongeant ainsi au plus bas de la Ligue 2.

À égalité de points avec Bastia, les Tango ne peuvent compter que sur leur petite différence de buts (une unité de plus) pour ne pas toucher le point le plus profond des bas-fonds du classement. Laval a donc depuis longtemps abandonné son projet d'installation durable en deuxième division, puisque la priorité se trouve plutôt dans le sauvetage du bateau qui commence lentement à sombrer dans les abysses de National. Les Tango ne peuvent même pas se rattraper sur la Coupe de France, puisqu'après un beau parcours qui a plutôt réussi aux Mayennais, les hommes de Frapolli se sont inclinés face à l'Olympique Lyonnais deux à zéro.
Dans un tel contexte, le rapport de force est très clairement en faveur des Sang et Or, encore plus que lors de leur déplacement au stade Francis-le-Basseur. Avec vingt-deux points d'écart au classement, on peut difficilement croire que les Lavallois aient une chance de remporter la partie, surtout face à des Manceaux qui ont mis à genoux récemment Troyes et Dunkerque, deux cadors de la Ligue 2. On pourrait bien se dire que dans la cadre du derby, les compteurs sont remis à zéro, et seul comptera la passion et l'envie pour essayer d'empocher les trois précieux points.
Or, tout indique que les Sarthois n'ont aucune envie de voir leur supériorité remise en cause par un adversaire stagnant dans la zone rouge du championnat, encore plus lorsque celui-ci est votre ennemi géographique et historique. Dans l'enceinte du Marie-Marvingt, les Mayennais ne seront clairement pas les bienvenus, autant sur la pelouse que dans les tribunes. Après plusieurs années sans derby, le bal infernal entre rivaux peut enfin recommencer, et les Sang et Or s'y mettront à cœur joints. Durant ces 90 minutes, Le Mans mènera la danse face à des Tango qui chercheront à surtout ne pas perdre la tête, et dont les occasions de pouvoir de marcher sur les pieds de leurs éternels meilleurs ennemis se feront plutôt rares.
Les groupes
Le Mans : Kocik, Hatfout - Cossier, Eyoum, Hamdi, Ribelin, Voyer - Bourabaa, Bretelle, Lauray, Quarshie, Rossignol - Buades, Calodat, Colas, Gueye, Luvambo, Rabillard
Absents : Boissé, Caro, Delbecque, Guillaume, Hammoudi, Ribelin (choix) - Gomes, Harhouz, Robin, Vercruysse (soins/réathlétisation)
Entraîneur : Patrick Videira
Laval : Hautbois, Samassa - Bianda, Commaret, Kouassi, Layousse, Tavares - Benard, Mandouki, Monnet, Sanna, Thomas - Camara, Clavreul, Houdayer, Maddy, Mbayo, Sellouki, Tchokounté
Entraîneur : Olivier Frapolli
Les joueurs à suivre
Après deux matchs sans apparaître sur la feuille du match, on peut dire qu'Harold Voyer a fait un retour en fanfare. Le défenseur de 28 ans a marqué les esprits en inscrivant le deuxième but manceau face à Troyes, d'une splendide tête assurant ainsi la domination mancelle dans le match. Rigoureux dans ses duels, efficace dans ses dégagements : celui qui a obtenu la belle note de 7,2/10 au Manceau du Match est un élément clé dans le bloc défensif sarthois. Un indispensable dans le système mis en place par le coach, dont l'investissement dans le groupe de Videira participe à l'excellence de la défense mancelle, première de toute la Ligue 2.

C'est un vrai cadre de la formation lavalloise. Le Portugais Yohan Tavares est un indispensable dans le système mayennais, présent dans les rangs Tango depuis la montée en Ligue 2. Placé comme défenseur central dans la défense à cinq, il est la pierre angulaire du bloc de Laval, et jouera donc un rôle majeur dans la potentielle résistance face aux attaques furtives de nos Sarthois. Il sera donc du rôle de notre avant-garde offensive de détourner l'attention de Tavares, afin de pouvoir briser les derniers points de blocage empêchant les Sang et Or de convertir leur supériorité au tableau des scores.
L'œil de la rédac'
Tout oppose Le Mans et Laval. L'un est une machine à gagner, tandis que l'autre peine à au moins se neutraliser. Le premier se base sur un collectif fort et un mental d'acier, tandis que le second cherche à écoper les fuites et les doutes afin de ne pas saborder le bâtiment. Dans ce duel, les regards et les pronostics se tournent davantage vers les Sang et Or, dont l'efficacité et la robustesse ne sont plus à prouver.
Il n'est pas donc pas question de laisser un iota d'opportunité aux Mayennais pour tenter de se refaire, car Le Mans a l'obligation de remporter un tel match. Ils doivent être victorieux pour le classement, pour la consolidation des acquis collectifs, mais aussi, il faut bien le reconnaitre, pour l'orgueil d'avoir gagné le derby. Dans cette optique, La Tribune Mancelle est très optimiste et voit bien les hommes de Patrick Videira gagner la partie avec la manière, sur un score de 2 à 3-0.


