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Florian Decloquement : « Amiens joue avec le feu depuis plusieurs années »

  • il y a 1 jour
  • 5 min de lecture

Chaque veille de match, la Tribune Mancelle met en place sa "Zone Mixte". Le principe ? Interroger une personnalité qui connait bien le prochain adversaire du Mans FC pour obtenir son analyse sur l'équipe et le match à venir.



Après avoir renoué avec le succès (et de quelle manière !) face à Annecy et à Nancy, les Manceaux se rendent désormais à Amiens pour tenter d'enchaîner une troisième victoire de rang et maintenir la pression sur Troyes et Saint-Étienne. On décrypte notre adversaire avec Florian Decloquement, journaliste amiénois !



Bonjour Florian, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs et expliquer votre lien avec l’Amiens SC ?


Je suis journaliste au Courrier Picard depuis juillet 2019 après un cursus journalisme de sports à l'ESJ Lille. J'ai commencé par suivre le FC Chambly en Ligue 2. Depuis deux saisons, je suis chargé du suivi de l'Amiens SC.



Amiens vit une saison très compliquée, et se retrouve aujourd’hui en position de barragiste alors qu’il ne reste que sept journées à disputer. Cette situation est-elle surprenante de votre point de vue, ou pouvait-on s'y attendre ?


Non ce n'est pas une surprise. Le maintien avait été un objectif annoncé dès le début de saison. L'Amiens SC joue avec le feu depuis plusieurs années. En 2022-2023, le club n'a validé son maintien qu'à l'avant-dernière journée grâce à une victoire à Quevilly en étant mené à la mi-temps. La saison dernière, l'ASC a certes terminé onzième, mais on a tendance à oublier que l'équipe était très mal en point à cette même période de l'année en étant premier non-relégable. Son salut est finalement venu grâce à une série de victoires à domicile. Seule la saison 2023-2024, où Amiens termine 8e, a été tranquille, mais avec un effectif ô combien plus étoffé.


Les Amiénois s'étaient inclinés au Mans à l'aller, lors du match de Noël (1-0) | © AF4
Les Amiénois s'étaient inclinés au Mans à l'aller, lors du match de Noël (1-0) | © AF4

Certains départs durant l’intersaison semblent ne pas avoir été suffisamment remplacés (Corchia, Mafouta…). Est-ce là l’explication principale des difficultés sportives ?


C'est une des explications, oui. Dans les exemples que vous citez, Corchia a été remplacé par un jeune du club, Chabane, qui a certes bien commencé le championnat avant d'avoir un gros coup de moins bien. Ce qui n'est pas illogique pour un jeune 19 ans. Concernant Mafouta, il a été remplacé numériquement par un Slovène, Jan Mlakar. Ce n'est pas du tout le même profil, le club voulait un joueur plus clinique devant le but. C'est pour l'instant un échec total vu son rendement (1 but) et ses blessures.



Malgré la perte d’Ikia Dimi, le mercato hivernal a tout de même permis aux Amiénois de se renforcer avec des joueurs comme Roussillon, Alvero, Ntamack ou encore Leautey. Quel regard portez-vous sur ces arrivées ?


Ce n'est pour l'instant pas une réussite car la dynamique ne s'est pas inversée. Maintenant, chaque cas individuel est différent. Leautey a été profondément marqué par son échec à Reims et n'a pas retrouvé son niveau de la saison dernière. D'autres, qui avaient peu joué jusqu'à présent, ont encore besoin de retrouver du rythme comme Ntamack ou Alvero. Ce dernier sera d'ailleurs suspendu pour ce match face au Mans. Un autre renfort comme Sané, prêté par Metz où il avait eu plus de temps de jeu, n'a pas encore trouvé sa place dans le collectif.



Avec 46 buts encaissés, Amiens est tout simplement la pire défense du championnat. Est-ce un problème de système, de confiance, ou tout simplement de joueurs ?


C'est multifactoriel, même si la question du système de jeu ne me semble pas du tout être la principale raison. Pour preuve, le nouveau coach Alain Pochat a changé de système en passant en 3-4-3 à Guingamp (défaite 1-0), où l'équipe a affiché la même fébrilité défensive. À l'exception de Siaka Bakayoko, une des rares satisfactions de la saison, il y a un manque évident de confiance et de qualité. On ne compte plus les matchs où l'Amiens SC a été plombé par des erreurs individuelles.


Formé à Amiens, Siaka Bakayoko est devenu l'un des hommes forts du club cette saison | © AF4
Formé à Amiens, Siaka Bakayoko est devenu l'un des hommes forts du club cette saison | © AF4

Avant d’affronter Le Mans, Amiens n’a remporté que deux matchs à domicile cette saison. Ressentez-vous une certaine réticence chez les supporters à venir au stade ?


Face à cette nouvelle saison galère, il y a une lassitude évidente, voire une part d'indifférence, chez certains supporters. Paradoxalement, l'affluence moyenne est un peu meilleure que les deux saisons précédentes, même si c'est aussi lié à la politique volontariste du club pour attirer un maximum de monde. D'ailleurs, vendredi, grâce à différentes offres promotionnelles et une mobilisation du football picard, l'affluence devrait dépasser les 11 000 spectateurs.



Entraîneur du club depuis près de trois ans, Omar Daf a été récemment démis de ses fonctions. Quel bilan peut-on faire de son passage en Picardie ?


Forcément mitigé vu la tournure de cette saison et la fin prématurée de son aventure amiénoise. Maintenant, il ne faut pas oublier les deux premières saisons avec une 8e place lors de la première, soit le meilleur classement de l'ASC depuis la descente en Ligue 2. Avec le recul, il y a tout de même une pointe de déception de ne pas avoir su se mêler à la course aux play-offs. Quant à la suivante, se maintenir a été une vraie performance vu les chamboulements du mercato hivernal avec la perte de la moitié de son équipe type. Pas mal de jeunes ont également progressé sous sa coupe.


Peterson Paul (2006) fait partie des jeunes joueurs lancés en pro par Omar Daf | © AF4
Peterson Paul (2006) fait partie des jeunes joueurs lancés en pro par Omar Daf | © AF4

Son remplaçant, l’ancien Boulonnais Alain Pochat, est un néophyte de la Ligue 2. Comment son arrivée a-t-elle été vécue par les supporters, et quels enseignements peut-on tirer de son premier match, perdu à Guingamp (0-1) ?


Il y a forcément eu une part de scepticisme, même si j'ai le sentiment que la première à Guingamp a rassuré dans le sens où la "patte" Pochat a été perceptible, avec une volonté d'aller de l'avant, un nouveau schéma de jeu et des vrais choix dans la composition de son équipe.



Tous deux « relégués Covid » en 2020 (respectivement en National et en Ligue 2), Le Mans et Amiens se retrouvent pour la première fois cette saison depuis 2012. Au-delà de la belle saison en cours, quelle image les Manceaux ont-ils dans la Somme ?


La situation de l'Amiens SC est tellement préoccupante qu'on ne se préoccupe pas trop des adversaires ! Vu d'Amiens, Le Mans n'inspire aucune hostilité particulière. On a surtout parlé du coach Patrick Videira pour illustrer le fait qu'il est possible d'être un entraîneur à succès en Ligue 2, même en étant néophyte. Lors de sa conférence de presse de présentation, Alain Pochat n'a pas hésiter à le citer en exemple.


Arrivé de Bayonne en cours de saison, le coach Alain Pochat aurait pu signer au Mans FC en février 2024 | © Amiens SC
Arrivé de Bayonne en cours de saison, le coach Alain Pochat aurait pu signer au Mans FC en février 2024 | © Amiens SC

Pour finir, quel est votre pronostic pour la rencontre de vendredi ?


1-1 !



Merci à Florian d'avoir accepté de répondre à nos questions ! Nous vous invitons à le suivre sur X et à le lire sur Le Courrier Picard.

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