top of page
Design sans titre.png

Arnaud Detout : "C'est un peu plus difficile depuis le début de la phase retour"

  • il y a 9 heures
  • 6 min de lecture

Chaque veille de match, la Tribune Mancelle met en place sa "Zone Mixte". Le principe ? Interroger une personnalité qui connait bien le prochain adversaire du Mans FC pour obtenir son analyse sur l'équipe et le match à venir.



Quelques jours après le coup d'arrêt à Montpellier et le nul face à Guingamp, les Manceaux doivent repartir de l'avant sur la pelouse du Red Star (5e). Une affiche entre deux équipes surprises du championnat, toutes deux en quête d'un nouveau souffle. Le Red Star n'a remporté qu'une seule de ses 5 dernières rencontres.


Pour mieux comprendre la dynamique francilienne, nous nous sommes entretenus avec Arnaud Detout, journaliste au Parisien.



Bonjour Arnaud, pouvez-vous vous présenter et nous expliquer votre parcours ? 


Bonjour, je m'appelle Arnaud Detout, je suis journaliste au Parisien depuis une vingtaine d'années. Je suis spécialisé dans le football au sens large : l'Équipe de France, les Français de l'étranger, mais aussi toutes les équipes franciliennes.


En dehors du football, j'ai également couvert d'autres sports à mon arrivée au Parisien, comme le hockey sur glace, le badminton, le water-polo ou encore la lutte. Aujourd'hui, j'ai un rôle assez polyvalent puisqu'il m'arrive de aussi de suivre les matchs de basket ou de handball.



Le Red Star vit sa deuxième saison consécutive à ce niveau et ne cesse d’évoluer entre la rénovation du stade Bauer et le projet d’un centre de formation. Quel regard portez-vous sur cette évolution structurelle du club ?


Au début des années 2000, le Red Star était descendu très bas après un dépôt de bilan. Depuis, le club a bien évolué. C'est sa seconde saison en Ligue 2 : l'année dernière, il a terminé 15e et aujourd'hui, il figure dans le top 5.


Ce retour dans le monde professionnel s'est accompagné de deux données importantes. Premièrement, le Red Star souffrait d'un manque d'infrastructures. La rénovation du Stade Bauer est devenue une priorité et il était essentiel de rester à St-Ouen. Le club espère achever la rénovation dans un an. Pour le moment, il y a deux tribunes qui ont été rénovées, la troisième est bientôt terminée, il reste la quatrième à construire. À terme, Bauer deviendra un petit bijou de 10 000 places, extensible à 15 000 si jamais le club accède un jour à la Ligue 1.


Deuxièmement, l'autre point important est le centre de formation. Pendant longtemps, dès qu'un jeune talent émergeait au Red Star, il partait car le club ne pouvait pas le garder. Depuis septembre, un centre de formation s'est ouvert et cela permet au club de s'appuyer sur un vivier de jeunes joueurs très intéressant. On sait que le département de la Seine-Saint-Denis est une pépinière reconnue en France et à l'étranger. Aujourd'hui, l'idée est de se servir, à terme, de cette notoriété afin d'avoir une équipe à forte consonance "made in 93".



Sportivement, le Red Star, comme Le Mans FC, s’invite parmi les prétendants à la montée. Une accession en L1 serait, selon vous, le retour d’un club historique du début du XXe ou plutôt une accélération inattendue du projet sportif ?


Je dirais un peu des deux. Ce serait d'abord le retour au plus haut niveau d'un club historique. Aujourd'hui, peu de personnes le savent mais le Red Star a quand même gagné 5 Coupes de France et leur dernière apparition en Ligue 1 remonte aux années 1970.


Je suis d'accord sur le fait de parler d'accélération inattendue. En interne, le rêve des propriétaires est de ramener le club en Ligue 1, l'idée de départ était d'assurer le maintien la saison dernière puis se stabiliser en Ligue 2 pendant les deux ou trois ans à venir avant de bâtir une équipe compétitive en 2028-2029 capable de viser la montée. Aujourd'hui, le fait de jouer le haut de tableau depuis le début de saison est une vraie surprise.



Gregory Poirier réalise un travail remarquable avec le club audonien et nourrit l’ambition d’être parmi les meilleurs tacticiens français. Justement, comment définiriez-vous sa philosophie de jeu et ce qui permet aujourd’hui au Red Star de surprendre ?


Sa philosophie est de pratiquer le beau jeu. Il veut la possession, faire circuler le ballon, utiliser les côtés et alimenter les attaquants. Collectivement, l'équipe met en place un pressing constant pour récupérer le ballon rapidement.



Vendredi dernier, les joueurs franciliens se sont inclinés à Annecy, manquant l’opportunité de coller aux places directes pour la montée. Qu’a-t-il manqué au Red Star dans cette rencontre ?


Il a manqué au Red Star de l'efficacité dans les deux zones de vérité. Défensivement, ils ont concédé très peu d'occasions. Les deux buts viennent d'un coup de pied arrêté et d'une mauvaise relance. Souvent, ce sont des erreurs individuelles qui coûtent chers et cela revient régulièrement depuis un mois et demi.


Offensivement, ils ont eu beaucoup d'opportunités pour égaliser : une frappe de Damien Durand sur la barre et plusieurs tentatives d'Hachem... Plusieurs situations se sont présentées mais ils n'ont pas su les convertir. C'est également une tendance qui se dégage depuis quelques matchs, et qui contraste avec la première partie de saison où ils étaient en pleine réussite au niveau de l'efficacité. C'est un peu plus difficile depuis le début de la phase retour.



Le club compte deux anciens manceaux dans ses rangs, Quentin Beunardeau et Gaëtan Poussin. Ce dernier s’est imposé comme l’un des hommes forts du Red Star avec notamment 10 clean-sheets. Comment analysez-vous la progression et l’importance prise par Gaëtan Poussin cette saison ?


Gaëtan (Poussin) est la belle surprise de cette saison même si on connaissait ses qualités de gardien à Bordeaux et en Espagne à Saragosse. Il a profité d'une entame difficile de l'équipe et du gardien titulaire, Quentin Beunardeau. Ce dernier a été gravement blessé la saison dernière et a eu du mal à revenir même s'il a été l'un des artisans de la montée du club en Ligue 2.


Après le nul à Montpellier (J1) et une défaite contre Amiens (J2), l'entraîneur a voulu incorporer Gaëtan. Derrière, il y a eu une série de 5 victoires consécutives à l'extérieur et beaucoup de clean-sheets. Il a fait quelques arrêts qui ont permis au Red Star de prendre de précieux points. Il a aussi commis quelques boulettes aussi mais sans conséquence. Par exemple, à Boulogne-sur-Mer, il en fait une mais derrière son équipe gagne le match. Dans ces cas-là, on retient moins les fautes.



De leur côté, les Manceaux étonnent également et ce match est une des affiches à suivre de cette 25e journée. Êtes-vous surpris par le joli parcours du promu manceau et la facilité à s’être adapté à ce niveau ?


Je suis assez surpris, même si je n'ai pas vu énormément de matchs du Mans FC. On sait que quand on accède à la Ligue 2, ce n'est pas simple. La saison dernière, le Red Star était promu et s'est maintenu à deux journées de la fin. Martigues a été relégué. Cette saison, on voit que pour Boulogne-sur-Mer, c'est un peu difficile. Quand on est promu, ce n'est pas simple d'être performant dès le départ.


J'ai eu l'occasion de voir Le Mans FC à trois reprises notamment lors du match aller en Sarthe. C'était une équipe assez solide avec un jeu intéressant. Elle méritait sa place dans la première partie du classement mais peut être pas aussi haut.


Puis, lors des deux matchs de Coupe de France en Ile-de-France, ils ont été en difficulté à Ivry où ils ont bénéficié du facteur chance avec un but contre son camp du défenseur adverse puis de la réussite aux tirs aux buts. Ensuite, ils ont affronté Villeneuve-la-Garenne, qui était en bas du classement en R2, les Manceaux ont concédé deux buts et physiquement ils ont eu beaucoup de mal. Ils s'en étaient tirés de justesse aux tirs aux buts également. On sait qu'en Coupe, on fait tourner, on est moins motivé et on a moins de grinta quand on affronte des équipes hiérarchiquement inférieures. Ces deux matchs là avaient été ratés et j'avais été surpris de voir Le Mans FC caracoler parmi les premières places en Ligue 2.



On finit notre entretien avec le traditionnel pronostic, comment imaginez-vous l’issue de cette rencontre ?


J'imagine un match serré avec des buts. Je dirais 2-1 pour le Red Star.



Merci à Arnaud d'avoir accepté de répondre à nos questions ! Vous pouvez lire ses articles sur Le Parisien.

Commentaires


bottom of page