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William Brouillard : « Auxerre avait du mal à prendre des points face aux équipes de bas de classement »

il y a 2 minutes
7 min de lecture

Après une lourde défaite à domicile, mettant fin à la belle série d'invincibilité à Marie-Marvingt, les Sang et Or s'apprêtent à disputer deux rencontres à l'extérieur. La première, ce dimanche, l'opposera à un concurrent direct pour le maintien : l'AJ Auxerre.



Pour décrypter les enjeux de ce que l’on peut considérer comme un « match à six points », nous avons interrogé William Brouillard, supporter auxerrois mais également pigiste pour Téléfoot. Il a également effectué des stages au sein de France Télévisions, beIN SPORTS, Foot123.fr et Canal+. William possède par ailleurs une chaîne YouTube et un compte TikTok sur lesquels il partage ses vlogs des rencontres qu'il va voir, principalement de l’AJA, à l’Abbé-Deschamps mais également à l’extérieur.


Auxerre, un nouveau cycle pour éviter de se faire peur


Cette saison marque la dixième année de James Zhou à la tête de l’AJ Auxerre en tant que propriétaire. Quel bilan tires-tu de cette décennie sous l’ère ORG Packaging ?


Pour commencer, on peut dire qu’on a eu la chance de tomber sur un homme qui a sauvé le club. Très investi, Zhou est tombé amoureux de l’AJA. L'année de son arrivée, Auxerre a assuré son maintien en Ligue 2 lors de la dernière journée et, en cas de descente en National, le club aurait pu connaître de grosses difficultés financières. Depuis, il a beaucoup investi dans le centre de formation et la rénovation du stade, aujourd’hui magnifique malgré des travaux toujours en cours.


Sur le plan sportif, les progrès ont pris du temps, mais il y a eu de belles réussites, comme la remontée incroyable contre Saint-Étienne, conclue aux tirs au but. L’arrivée de Jean-Marc Furlan et son mercato estival ont ensuite coûté très cher au club. Malgré un recrutement hivernal plus convaincant, les six mois catastrophiques qui ont suivi ont conduit à une relégation, à un point de Nantes, lors d’une saison marquée par quatre descentes. Auxerre a toutefois rebondi en remportant le titre de champion de Ligue 2, une grande satisfaction pour moi qui n’avais jamais connu cela.



Malgré quelques périodes difficiles, le bilan de ces dix années avec Zhou reste donc largement positif, tant pour ses investissements que pour son engagement au quotidien, même si ses problèmes de passeport et ses soucis personnels l’ont éloigné du club ces derniers temps.



L’an dernier, après une première partie de saison compliquée, l’AJA a réussi à se maintenir grâce à un sprint final au cours duquel près de la moitié de ses points ont été récoltés. Quelles leçons ont été tirées de cette expérience pour éviter de revivre un tel scénario cette saison ?


On a des sentiments assez mitigés. On avait un entraîneur qui collait parfaitement à l’ADN du club, Christophe Pélissier, qui avait réussi à assurer deux maintiens consécutifs. On voulait forcément le garder, mais voilà… Ça a été compliqué de s’en séparer, car il était apprécié de tous. Même dans la tempête, tout le monde voulait qu’il reste, mais finalement, ça ne s’est pas passé comme ça.


On ne s’est pas préparé de la meilleure des façons, avec un mercato qui n’a pas été exceptionnel, même s’il ne demande qu’à s’améliorer. Les joueurs commencent à s’adapter. Il y en a certains dont on ne sait pas trop pourquoi ils ont été recrutés, mais ils sont là et apportent de la profondeur de banc.



Arrivé cet été en prêt pour remplacer Sinayoko, Archer réalise un excellent début de saison avec quatre buts inscrits en cinq rencontres. T’attendais-tu à une telle efficacité devant le but de sa part ?


Absolument pas. On ne le connaissait pas vraiment. Pour ma part, j’avais dû le voir une fois en FA Cup l’an dernier. C’est un gros pari, un joueur peu connu du grand public, mais Will Still l’avait côtoyé lors de son passage à Southampton. Pour lui, ce n’était donc pas un inconnu. Et comme, apparemment, le directeur sportif ne fait pas grand-chose, Still est obligé de gérer le mercato tout seul. C’est une bonne pioche et on ne peut pas lui donner tort ! Archer est très intéressant et possède le profil d’un véritable numéro 9.



Malheureusement, il n’y a pas d’option d’achat. Mais, de toute façon, vu la saison qu’il réalise, je pense que Southampton aurait mis le paquet s’il y en avait eu une. Et nous n’aurions jamais eu les moyens de nous offrir un joueur comme lui.



Également arrivé lors du dernier mercato estival, Will Still est adepte d’un football fondé sur un pressing haut, une intensité constante et une volonté de se projeter vers l’avant. Selon toi, a-t-il réussi à mettre en place les principes de jeu qu’il souhaite instaurer ?


C’est encore un peu tôt pour juger ce qu’il a réussi à mettre en place. Will Still a des idées bien arrêtées et, contrairement à Pélissier, qui s’adaptait à son effectif, il semble déterminé à appliquer ses principes, même si les résultats ne suivent pas. Les joueurs ont eu besoin de temps pour comprendre ses attentes, mais la situation s’améliore.


Son approche est à l’opposé de celle de la saison dernière, où Auxerre avait une bonne défense mais une attaque en difficulté. Still privilégie un jeu plus offensif, vertical et basé sur les transitions, avec moins de possession que sous Pélissier. C’est une approche risquée, qui peut s’avérer payante comme face au Havre, mais aussi coûter cher.


Face aux cadors comme le PSG, je crains donc de lourdes défaites, car Still n’est pas du genre à renier ses principes en passant à cinq défenseurs. Reste à voir si cette philosophie permettra de prendre suffisamment de points contre les équipes plus abordables.


La question de la commu’ Par le passé, de nombreux joueurs ont évolué au sein des deux clubs au cours de leur carrière, comme Anthony Le Tallec, Frédéric Thomas ou encore Yanis Merdji. Y en a-t-il qui t'ont marqué plus que d'autres ? C’est surtout Anthony Le Tallec qui me vient à l’esprit. C’était une bonne période pour l’AJA, entre 2008 et 2011, avec notamment le retour en Ligue des champions. Passé par Liverpool, avec lequel il avait remporté la C1, il était un joueur assez connu en Ligue 1 et avait déjà une belle carrière derrière lui. Sa présence à Auxerre était donc plutôt sympa, même s’il n’a pas laissé un souvenir impérissable. Pour les autres, comme Frédéric Thomas, c’est un peu différent. Il était au club lors d’une période plus compliquée en Ligue 1, donc les souvenirs sont forcément moins marquants.

Un choc important dans la course au maintien


Avant de recevoir les Manceaux, Auxerre vient de s’imposer 3-1 face au Havre, concurrent direct dans la lutte pour le maintien. Que retiens-tu de ce succès qui permet aux Auxerrois de sortir de quitter la place de barragiste ?


C’était un succès primordial. Il fallait absolument se détacher de ce wagon des relégables, car sinon, on savait qu’on allait passer la Toussaint et probablement vivre un hiver atroce, à courir après le moindre point contre n’importe quelle équipe.


Réussir à se donner de l’air de cette manière face à un concurrent direct, c’est top. D’autant plus que, ces dernières années, on avait du mal à prendre des points contre les équipes de bas de tableau, notamment dans les moments décisifs. Cette fois, on a su répondre présent, et ça fait du bien !



Ce résultat montre aussi que Le Havre est visiblement plus faible que nous, car sa prestation était assez catastrophique. Alors, quand on sait qu’on possède la pire défense du championnat et qu’on voit Le HAC autant en difficulté face à nous, c’est rassurant. On peut se dire qu’on ne sera peut-être pas parmi les équipes les plus faibles du championnat. En tout cas, ce succès nourrit l’espoir.



Les dernières confrontations entre Icaunais et Sarthois remontent à la saison 2019-2020, au cours de laquelle l’AJA s’était imposée à deux reprises. Quelle image les supporters auxerrois ont-ils aujourd’hui des Sang et Or ?


Tout simplement une bonne image. Je pense que cela correspond au côté familial que l’AJA met régulièrement en avant. Au Mans, le projet est tout autre, avec davantage d’ambition et de multiples fonds d’investissement, soutenus par des sportifs connus à l’échelle internationale.


Sur le plan sportif, les deux projets n’ont pas grand-chose à voir. Le Mans se rapproche d’un modèle à la Paris FC, tandis qu’à Auxerre, on mise davantage sur la stabilité et le long terme, avec l’objectif de s’installer durablement en Ligue 1. Mais, globalement, je pense que Le Mans est un club apprécié de tous. Il n’y a pas d’animosité particulière envers les Manceaux, et encore moins du côté d’Auxerre.



Que penses-tu du début de saison des Sang et Or et quelles sont, selon toi, leurs principales forces, mais aussi leurs faiblesses dont Auxerre pourrait profiter ?


J’étais assez surpris au début, comme beaucoup de monde, car Le Mans a réalisé de bons matchs malgré des résultats parfois décevants. C’était plaisant à voir, avec Mafouta devant, des recrues intéressantes comme Sidibé, champion du monde, et Patrick Videira, que je considère comme un excellent entraîneur.


Je pense toutefois que l’ambition de Videira et sa volonté de tenter des choses comportent des risques. La Ligue 1 demande beaucoup de rigueur, et il faut faire attention à ne pas se brûler les ailes. Je ferais d’ailleurs le même constat pour Will Still : les deux entraîneurs sont audacieux, mais ils ne doivent pas laisser filer des points qui pourraient coûter cher en fin de saison. Videira a de très bonnes idées, mais il faut savoir prendre les points quand ils se présentent.



Après la rencontre de dimanche et d’ici la prochaine trêve internationale, Auxerre se déplacera à Strasbourg avant de recevoir le Paris FC. Face à un concurrent direct dans la lutte pour le maintien, la réception du Mans apparaît-elle comme un match à ne pas manquer pour les Auxerrois ?


Tous les matchs contre des concurrents directs sont importants. Will Still est ambitieux et considère qu’Auxerre a sa place au-dessus de la zone de relégation, même s’il sait, au fond de lui, que le maintien reste l’objectif prioritaire. De son côté, il est aussi dans une démarche de relance, avec l’envie de redorer son image et de prouver qu’il est un bon entraîneur.


Il voudra donc certainement surfer sur cette dynamique positive, malgré la lourde défaite contre Rennes, dont le score me paraît sévère, même si elle n’est pas imméritée. Je pense qu’avec la réception du Mans, il aura à cœur de bien faire et d’engranger des points pour se mettre à l’abri, ou du moins éviter de se retrouver en difficulté pendant la trêve hivernale. Avoir cinq ou six points d’avance sur la zone rouge à ce moment-là, ce serait merveilleux !




L'œil de la rédac


Après avoir gouté au début de mois au Parc des Princes, les Manceaux vont découvrir, pour la majorité d'entre eux, un autre stade marquant de la Ligue 1 : le Stade de l'Abbé-Deschamps. Face à une équipe qui devrait être soutenu par plus de 15 000 spectateurs, les protégés de Videira pourront compter sur plusieurs centaines de Manceaux en parcage.


Pour le pronostic, William voit une victoire auxerroise sur le score de 2 buts à 1. De son côté, la rédaction n'imagine pas les Manceaux s'incliner, mais n'est pas unanime. En effet, alors qu'une partie pense que les Sang et Or s'imposeront et reviendront à hauteur de leur adversaire, l'autre pronostique un partage des points entre les deux formations.

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