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Romain Beddouk : « Il y a deux types de scénarios pour battre ce PSG »

il y a 12 minutes
8 min de lecture

La Ligue 1 est de retour ! Après une parenthèse internationale durant laquelle nos Manceaux auront disputé deux matchs amicaux, c'est un déplacement à Paris qui attend les hommes de Patrick Videira.



Pour analyser les enjeux de cette belle affiche, La Tribune Mancelle est allée à la rencontre de Romain Beddouk, supporter parisien mais surtout journaliste à Ici Paris Île-de-France où il anime quotidiennement le billet d'humeur de l'émission « 100% PSG ». Également pigiste chez INFOSPORT+ et membre du Winamax FC, il est un suiveur assidu du football français et européen.



Paris, une montée en puissance attendue



Après avoir vécu un début de saison délicat, le Paris Saint-Germain a su redresser la barre avec trois victoires sur les trois derniers matchs. Comment analyses-tu cette entame quelque peu particulière ?


C'est une entame un peu spéciale. La saison dernière, le PSG avait enchaîné quasiment les deux saisons à la suite avec très peu de pause entre les deux. Cette année, avec la Coupe du monde, le club a décidé de faire pareil puisqu'il a repoussé au maximum la reprise de l'entraînement. Le but, c'est de ne pas être largué et d'être en forme à partir de janvier, quand ça sera vraiment important en Ligue des Champions comme en Ligue 1.


Le staff de Luis Enrique estime qu'il a assez de marge par rapport aux autres équipes pour prendre ce début de saison comme un test, parce qu'il sait que ça ne sera pas préjudiciable pour la suite de de sa saison. Ça donne des matchs un peu bizarres, où on sent que le PSG n’est pas dedans. Ce n’est même pas une question de volonté, c'est qu’on sent que la forme n'est pas encore là ! Mais comme ça s'est très bien terminé l'année dernière, on est plutôt dans l'idée de se dire que c'est une méthode qui peut marcher une fois de plus.



En plus du champion du monde Ferran Torres, le PSG a également recruté Lucas Digne, Maghnes Akliouche et Mika Godts. Quel bilan peut-on faire de leurs débuts sous le maillot parisien ?


Ferran Torres, c'est une adaptation express et c'est la grosse satisfaction du mercato. Pour les autres, c'est un peu plus compliqué. Lucas Digne, ça a été assez difficile physiquement, au point de ne pas avoir été pris pour des matchs de Ligue 1. Avec les recrues de cet été, il y a beaucoup plus de joueurs de champ et comme il n’y a pas de blessé, il y a un choix à faire tous les week-ends pour savoir quel joueur d'un « gros calibre » va être mis hors groupe. Ça a été Digne par moment, mais aussi Zabarnyi ou Hernandez contre Marseille. On n'est donc pas du tout sur le statut de remplaçant attitré de Nuno Mendes, ce qui était le deal à la base.



Pour Maghnes Akliouche et Mika Godts, c'est assez spécial parce que ce sont des offensifs, et leur adaptation est un peu opposée. Akliouche a beaucoup joué, c’est peut-être l’une des recrues qui s'est le plus vite incorporée dans le dans le onze depuis le début de saison. Luis Enrique l'avait dit en conférence de presse, c'était pour lui le joueur qui s'était le plus vite adapté à ce que le staff pouvait demander, même si on sent qu'il y a des choses où ça demande encore beaucoup d'automatismes et de complémentarité avec ses nouveaux coéquipiers.


Godts, pour le moment c'est très maigre : seulement quelques entrées et à chaque fois un peu de timidité. Avec la Belgique, notamment sur les deux matchs face à la France, il a été un peu plus en vue techniquement. On espère que ça va le libérer avant son retour à Paris. On attend de de voir sa première titularisation, ça sera peut-être demain face au Mans.



La trêve internationale a permis comme toujours à un grand nombre de joueurs parisiens de rejoindre leur sélection. Comment le club s’adapte-t-il à ces périodes toujours particulières ?


Il ne les vit pas, en fait ! Là, c'était vraiment spécial parce qu'une trêve internationale de trois semaines, c'est assez inédit. Il n'y a pas eu d'entraînement parce que la quasi-intégralité de l'effectif (19 sur les 23) était absente. Il ne restait que les quatre Lucas : Chevalier, Digne, Hernandez et Beraldo. Eux ont eu un peu de repos et de remise à niveau athlétique, notamment pour Lucas Digne. Warren Zaïre-Emery également, puisqu’il a été blessé au début de la trêve. Même les très jeunes talents du PSG (Ndjantou, Mayulu...) sont pris avec les Espoirs ou avec les U20, donc il n’y a personne de disponible au campus. Ce sont des moments de tranquillité dont le staff technique a besoin.


Finalement, ça se remet en route à partir de cette semaine, l'entraînement a repris mercredi avec les premiers joueurs qui sont revenus. C'est vrai que c'est spécial par rapport à d'autres équipes de Ligue 1 qui gardent une grande partie leur effectif, avec laquelle ils peuvent bosser tactiquement. Le PSG ne peut pas le faire. L'avantage, c'est que cette équipe-là est rodée tactiquement, donc c'est un peu moins préjudiciable.



Le mois d’octobre s’annonce particulièrement rythmé avec six matchs prévus, dont deux chocs européens face à City et au Barça, mais aussi la réception de Lyon en Ligue 1. Quels seront les pièges à éviter pour traverser cette période sans encombre ?


Sur le mois d'octobre, il y a effectivement ces deux chocs dans lesquels il faudra absolument prendre des points parce que ce sont des matchs importants. Le Barça, c'est peut-être l'affiche la plus prestigieuse, parce que c’est le Barça : l’une des meilleures équipes d'Europe, qui fait une grosse impression depuis le début de la saison, et en plus c’est au Parc… Et City, historiquement, bat souvent le Paris Saint-Germain, donc il y a un résultat à aller chercher là-bas.



Pour ce qui est de la Ligue 1, Luis Enrique nous l'a appris l'année dernière : à part Marseille, il prend tous les autres matchs de la même manière. Ça peut être Lyon, Le Mans, Le Havre, ou Monaco : il va les jouer de la même façon, c'est à dire qu'il ne va pas s'adapter à l'adversaire. Il ne va pas forcément faire tourner contre Le Mans et mettre l'armada contre Lyon. Il ne le fera que s'il estime que ses meilleurs joueurs ont besoin de jouer ensemble ou que l'équipe a pris trop de retard en termes de points.


Donc les pièges à éviter, ça serait d'enchaîner trop de contre-performances qui pousseraient à mettre l'équipe-type en Ligue 1. Mais sur la période d'octobre, je ne pense pas que ça soit un vrai piège, parce que même si le PSG perd un ou deux matchs en Ligue 1, même si il est sixième, je pense qu'il y a encore un peu de marge.



La question de la commu’ Comment Le Mans FC peut-il trouver la bonne formule pour renverser le Paris Saint-Germain ? C’est une bonne question ! Il y a deux types de scénarios pour battre ce PSG. D’abord, lui « rentrer dedans », parce que cette équipe n’est pas encore prête physiquement, et elle ne le sera toujours pas demain. Donc s'il y a beaucoup d'intensité qui est mise, juste avant le match face à Manchester City, il y a des joueurs qui peuvent peut-être ne pas se donner à fond. Sinon, il y a un autre scénario de match, c'est d'endormir la rencontre avec un PSG qui ronronnerait en se disant que ça va être facile, et puis piquer en contre et marquer dans les dernières minutes. Mais ce n’est pas quelque chose de facile ! Même si là encore, si le PSG est prenable, je pense que c'est plus sur le début de saison.


Un scénario difficile à anticiper



Au vu des prochaines échéances et notamment du match de Ligue des Champions mercredi, peut-on s’attendre à voir une équipe parisienne remaniée face au Mans ?


Oui et non, en fait il n’y a pas d'équipe-type. Est-ce qu'on peut s'attendre à voir le onze titulaire qui a démarré la dernière finale de la Ligue des Champions ? Non, je ne pense pas. Maintenant, ça peut être remanié à certains postes et puis pas du tout à d'autres. On peux se retrouver si ça se trouve avec Digne et Zaïre-Emery sur les côtés mais Marquinhos et Pacho en défense centrale.


L'effectif est tellement dense cette année qu’il n’y a pas d'équipe-type pour le moment. Il y en aura une en fin de saison, qui se peut se dessiner au moment des tours à élimination directe de la Ligue des Champions, parmi les 16 ou 17 joueurs qui peuvent prétendre à une place de titulaire, mais pas à ce moment-là de l'année. Demain, Dembélé, Nuno Mendes et Mayulu seront mis au repos, ce qui confirme l'idée d'une compo' un peu hybride.



Les deux équipes s’étaient croisées il y a un peu moins de deux ans en Coupe de France, alors que Le Mans jouait en National. Le PSG s’était imposé 2-0 à Marie-Marvingt. Quel souvenir l’équipe de Patrick Videira a-t-elle laissé aux supporters parisiens ?


Le match en lui-même ne m’avait pas laissé un grand souvenir, mais Le Mans, c'est un nom important de mon adolescence et de mon début de vie d'adulte puisque c'étaient les années fastes avec Rudi Garcia. Sachant que ce club était retombé très bas, je me souviens m'être dit que ça faisait du bien de retrouver un « bon » nom du football français, qui était à l'époque en National et qui a poursuivi son ascension par la suite.



Du point de vue des supporters, ce genre d’affiche a priori déséquilibrée attire-t-elle toujours l’intérêt des Parisiens, largement habitués aux matchs de gala depuis une quinzaine d’années ?


C'est sûr que ce n'est pas la rencontre la plus attendue. Mais mine de rien, l'avantage de ce genre de matchs face aux promus ou aux équipes un peu moins « huppées » sur le papier, c'est qu'il y a beaucoup de gens qui ne vont pas souvent au Parc des Princes qui profitent du fait que les abonnés vendent leur place pour venir. Donc on se retrouve souvent avec un public de vrais passionnés dans ces matchs-là. Ça sera toujours à guichet fermé bien sûr, mais ça permet d'avoir des gens en tribunes qui ne sont pas des touristes. De toute manière, depuis le départ de Neymar, de Messi et de Mbappé, on a de moins en moins de touristes au Parc des Princes et de plus en plus de fans du PSG.


Donc, même si ce n'est pas l’affiche de l'année, ça va être un match important, surtout que le PSG n'a pas beaucoup joué au Parc des Princes pour le moment. Le premier match contre Rennes avait été délocalisé là-bas, ensuite il y a eu le match contre Monaco et celui contre le Slovan Bratislava en Ligue des Champions... et c'est tout. Donc ça va faire du bien de retrouver le PSG au Parc.



Depuis le début de saison, les matchs du Mans ont toujours été très accrochés. Penses-tu que nous vivrons un scénario similaire demain, ou que le PSG parviendra à maîtriser la rencontre sans trop de problèmes ?


Sur le début de saison, et notamment en Ligue 1, ce PSG ne maîtrise rien. On peut bien sûr avoir un match accroché, avec une équipe mancelle qui a montré qu'elle avait une grande solidité et surtout une vraie cohésion collective. J'ai vu le match contre Rennes qui était hyper intéressant et mal payé, donc oui, Le Mans peut faire un résultat. Je ne dis pas non plus que je mettrai mon patrimoine sur une victoire du Mans, mais il peut se passer un truc, parce que le PSG a vraiment du mal sur ce début de saison. L'an dernier, l'équipe n'a accélérée qu'en février donc ce n’est pas sûr que ce soit le cas dès octobre cette année.



L'œil de la rédac'


Un déplacement chez le double champion d'Europe en titre, ça n'arrive pas tous les jours. Les supporters manceaux avaient bien sûr coché la date et rempliront sans difficulté le parcage parisien, de quoi donner un suplément d'âme aux Sang et Or qui en auront bien besoin. Ce match marquera aussi les retrouvailles de Patrick Videira avec son club formateur, dont il aura défendu les couleurs pendant onze ans.


Si l'exploit reste possible, la rédaction mise plutôt sur une victoire parisienne sur le score de 2-0 ou 3-1. L'absence d'Adil Bourabaa, indispensable depuis le mois d'août, pourrait notamment fragiliser l'entrejeu manceau. Notre invité voit également le PSG s'imposer et pronostique un score de 2-1, avec des buts de Joao Neves et Kvaratshkelia, et un penalty de Mafouta pour Le Mans !

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