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Patrick Paumier : "L'US Orléans est optimiste concernant le statut professionnel"

En marge de la 32ème journée du championnat National, La Tribune Mancelle est partie à la rencontre du journaliste, Patrick Paumier de la presse locale, La République du Centre. Ensemble, nous faisons le point sur un club au contexte similaire que celui du Mans FC, relégué en 2020, le club du Loiret peine à mener sa mission "remontée".





Bonjour, pouvez-vous présenter ?


Je suis journaliste au service des sports de La République du Centre, le quotidien local sur Orléans et le département du Loiret. Je suis plus particulièrement l'US Orléans depuis de très nombreuses années, du N3 jusqu'en Ligue 2 !


Comme Le Mans, Orléans est une ville sportive avec deux équipes de sports collectifs qui étaient professionnels il y a pas si longtemps (football et basket) mais aussi une belle équipe de judokas. La ville orléanaise accueille également un tournoi de tennis ATP. Est-ce qu'on peut dire que cette ville a du potentiel sur le plan sportif ?



Orléans dispose également d'un club professionnel de basket naviguant entre la Pro B et la Betclic Elite | © MSB


En vingt ans, le paysage sportif a complètement changé sur Orléans. Autant avant, presque au siècle dernier, Orléans brillait grâce à ses sportifs individuels (Florian Rousseau en cyclisme, ses judokas, ses gymnastes, ses athlètes et ramait dans les sports collectifs. Autant la tendance s'est diamétralement inversée. En sports individuels, il reste surtout les escrimeuses (Brunet, Berder) alors qu'en sports collectifs, on a le basket malgré la descente en Pro B avec l'espoir de remonter en Betclic Elite, mais aussi le handball avec Saran qui navigue entre la Starligue et la Proligue et le football avec l'US Orléans, descendu en National en même temps que Le Mans et qui a également du mal à remonter.


Depuis 2020, les trajectoires du Mans et d'Orléans semblent parallèles. Cette saison, comme pour le club sarthois, le recrutement estival laissait augurer de gros espoirs de montée à l'USO. Qu'est-ce qui n'a pas fonctionné pour expliquer cet exercice plutôt moyen?



Clément Akpa, prêté par Auxerre est l'une des satisfactions de la saison | © US Orléans


Le recrutement estival était en effet alléchant avec des valeurs sûres du National : Viot, meilleur gardien de National, Agounon, meilleur latéral droit, la saison dernière, mais aussi Fortuné, Dabasse, Berthier, Ndiaye, Solvet, Pagerie et Allée.


Xavier Collin, le coach jusqu'en décembre, n'a pas réussi à trouver la bonne formule mais il n'a pas été servi par les circonstances. Il était parti sur un 3-5-2 mais il n'a pas pu compter sur ses pistons. A droite, Agounon a été suspendu quatre mois pour avoir effleuré un arbitre (suspension très sévère) en août et Halby-Touré a été opéré d'une pubalgie. A gauche, Pagerie a été blessé, il est revenu sans être en forme avant de se blesser de nouveau. Heureusement, le rendement de Clément Akpa (prêt d'Auxerre) a été très satisfaisant. Mais un 3-5-2 sans véritables pistons, ça ne fonctionne pas. L'USO avait la possession mais était inoffensive dès qu'on approchait des buts adverses.


Autre élément pour expliquer la saison médiocre : le nombre de matches nuls (14), mais surtout plus des deux tiers concédés alors que l'US Orléans menait au score. Cela a généré une grosse frustration et un manque de confiance pour conserver les scores. Dès qu'elle avait la possibilité de basculer dans le bon wagon pour se rapprocher du groupe de tête, elle s'est prise les pieds dans le tapis.


Il y a eu aussi des déceptions individuelles comme Allée qui n'a pu s'exprimer dans ce système et qui a ensuite disparu du onze, Berthier aussi, à un degré moindre, Pagerie, souvent blessé, tout comme Akassou. Sans oublier Lepaul, en feu lors de la phase retour la saison dernière (8 buts) et en plein doute cette saison.


Avec l'arrivée de Nicolas Usaï, il y a eu de l'amélioration grâce à un changement tactique (retour à quatre en défense) mais aussi avec les retours des blessés ou suspendus (Agounon, Halby-Touré, Solvet...) Cela n'a pas empêché l'USO de laisser échapper des points après avoir mené au score. Le manque de caractère a été pointé par les deux coachs. Le groupe a toutefois trouvé les ressources pour remporter les deux derniers matches et s'assurer quasiment le maintien.


L'USO pourrait, sauf nouvelle dérogation, perdre son statut professionnel à l'issue de l'exercice. Quelles en seraient les conséquences pour le club ?



Le centre de formation représente un coût important pour le club | © US Orléans

Philippe Boutron a affirmé aujourd'hui (lundi 8 mai), dans La République du Centre, qu'il souhaitait conserver le statut professionnel et qu'il était optimiste à ce sujet.

La perte de statut entraînerait la fin des contrats pros actuels et donc des difficultés pour conserver des joueurs mais aussi en recruter. C'est moins attractif.


D'un autre côté, le statut pro entraîne des charges supplémentaires. Rappelons que l'été dernier, l'US Orléans a arrêté son centre de formation lancé quand elle était en Ligue 2. Cela représentait un quart du budget du club avec peu de retombées.


Le club du Loiret compte dans ses rangs, Yonis Njoh, frère du manceau Lilian Njoh (9 rencontres disputées), pouvez-vous nous dire quelques mots sur ce joueur ?


Yonis est un attaquent arrivé de Toulouse cet été en post formation. En vue en réserve (N3), il a été appelé en équipe première par Xavier Collin pour donner un peu de dynamisme à une attaque qui ne marquait pas. Il a joué neuf matches cette saison mais sept fois en tant que remplaçant, et n'a pas marqué.


La fin de saison approche, quel joueur vous a le plus impressionné dans ce championnat de National ?


Je ne vais pas être original mais Boutrah, Hemia, Gnanduillet, Ghrieb ressortent du lot. Mais j'ai surtout apprécié le jeu collectif de Martigues et Concarneau. Que ces deux équipes qui ne sont pas pros soient en tête grâce à leurs qualités collectives, grâce à un groupe qui conserve l'ossature sans être chamboulé, doit être un modèle pour les clubs ambitieux de la saison prochaine.


Pour finir, un petit pronostic ?


Comme les deux équipes sont les championnes du nul (14 pour Orléans et 13 pour Le Mans), je vais miser sur un partage des points, 1-1 ou 2-2.

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