Le Mans rouvre son centre de formation, ce qu'il faut savoir
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C'était annoncé comme l'un de projets majeurs du club, c'est désormais acté : Le Mans FC obtient ce mercredi 1er juillet l'agrément pour la réouverture de son centre de formation ! Une excellente nouvelle pour l'académie et pour l'ensemble du club, qui renoue ici avec une partie de son passé.
Treize ans plus tard, revoilà le centre de formation du Mans. Yohann Pelé, Mathieu Coutadeur, Sébastien Corchia, Mathieu Dossevi ou encore Morgan Sanson : nombreux sont les talents passés par l'académie mancelle. L'histoire est désormais prête à reprendre là où elle s'était arrêté, après une parenthèse qui aura tout de même vu sept joueurs passés par les équipes jeunes signer un premier contrat professionnel, et ce malgré l'absence d'un vrai centre de formation (Makan Aïko, Paul Lehoux, Zaïd Amir, Martin Rossignol, Nathan Tronchet, Noa Boissé et Izhak Hammoudi). Sans compter les nombreux Manceaux ayant signé pro ailleurs (Gaëtan Poussin, Steve Kapuadi, Louis Mezerette, Gabin Bernardeau, Jérémie Matumona, ou dernièrement Samuel Dié).
Le Mans s'ajoute donc à la liste des 33 autres clubs français qui possèdent un centre de formation. Sauf surprise, le club sarthois devrait être le seul à ouvrir un centre cet été. Un timing qui concorde avec la remontée de la réserve en National 3 (qui va devenir le National 2), après trois ans en R1 marqués par trois premières places et deux échecs en barrages. Malheureusement, cette saison a aussi été marquée par la descente des U17 Nationaux et la non-remontée des U18. Sur ce point, où en est Le Mans FC par rapport aux autres clubs ?
Trente-quatre clubs agrémentés, et bientôt plus...
Comme nous l'avons vu, Le Mans devient le 34ème club à obtenir le précieux agrément. Parmi les clubs qui en disposent, on retrouve évidemment les 18 clubs de Ligue 1, mais aussi 12 clubs de Ligue 2 (Nice OU Saint-Étienne, Nantes, Metz, Red Star, Reims, Montpellier, Guingamp, Clermont, Nancy, Laval, Dijon, Sochaux) et 4 clubs de Ligue 3 (Bastia, Amiens, Caen, Valenciennes).
Avant Le Mans, le Red Star était le dernier à avoir ouvert son centre de formation, profitant de sa stabilisation en Ligue 2 pour acter ce projet en août dernier. D'autres pourraient suivre, à l'image d'Annecy et Pau qui espèrent finaliser ce dossier dès l'été 2027, où de Dunkerque qui table sur 2028. Rodez fait également partie des clubs souhaitant ouvrir un centre, mais les impératifs économiques ont semble-t-il retardé sa mise en place.
Cinq critères d'évaluation et un système d'étoiles
Chaque année, la FFF dévoile le classement des centres de formation des clubs. Un classement dominé depuis trois saisons par le Stade Rennais, qui pourrait faire la passe de quatre cet été. Ces évaluations se basent sur cinq critères : la professionnalisation (U16 à U23 sous contrat pro dans les deux premières divisions des dix premiers pays au classement UEFA + la Ligue 3), le temps de jeu en équipe première, les sélections nationales, la scolarité (diplômes obtenus) et la représentation européenne (présence dans les clubs ayant des points au classement UEFA).

Pour chacun des cinq critères, une note allant de zéro à cinq étoiles est attribuée au club. Rennes, par exemple, a obtenu cinq étoiles partout sauf pour le temps de jeu en équipe première (trois étoiles), ce qui lui donne une belle moyenne de 4,5 sur l'exercice 2024-2025. À l'inverse, Bastia, qui venait de rouvrir son centre, n'a récolté qu'une étoile et demi dans la catégorie "représentation européenne", ce qui ne lui donne même pas une étoile en moyenne (à relativiser puisqu'il n'était pas évaluable sur certains des critères).
Chez nos voisins, ça donne quoi ? Hormis Rennes, Nantes s'en tire plutôt bien avec une moyenne de 3,5 en 2024-2025, soit le cinquième bilan français. Plus compliqué en revanche pour Angers qui n'a obtenu que 2 étoiles de moyenne malgré les belles performances de ses équipes jeunes dans les compétitions nationales. Enfin, Laval, qui venait lui aussi de rouvrir son centre, se contente d'une demi-étoile (mais comme Bastia, n'était pas évaluable partout).
Le Mans parmi les mauvais élèves
Au-delà du classement officiel, il est intéressant de comparer le niveau en lui-même des équipes jeunes. Si les résultats sportifs ne sont pas une vérité en soit, ils sont tout de même un angle d'analyse pertinent. La Tribune Mancelle a réalisé pour vous un tableau comparatif qui inclut tous les clubs qui bénéficiaient du statut professionnel sur la saison 2025-2026.

À ce jeu-là, Le Mans fait clairement partie de bas du panier. La saison prochaine, il sera le seul club de Ligue 1 à ne pas être représenté au niveau national chez les U19, mais aussi sur les U17 avec la récente relégation. Point positif en revanche, la remontée de la réserve en N2 (ex-N3), à l'instar du Paris FC. À l'inverse, certains clubs comme Strasbourg ou Angers descendent en R1, division où Le Havre est bloqué depuis maintenant deux ans.
Cette analyse dégage également une tendance : le désintérêt progressif de certains pour la post-formation. Le cas d'Angers, que nous venons d'aborder, en est un bon exemple : les Scoïstes vont désengager leur équipe réserve des championnats et faire des U19 la passerelle principale vers l'équipe première. Le PSG, Lens, Monaco et Nice avaient déjà sauté le pas avec la création d'un groupe "Espoirs" qui remplace la réserve, et l'inscription au nouveau championnat "amical" géré par la FFF : le Challenge Espoir. Un changement de mentalité qui pourrait à terme acter le retrait définitif des équipes réserves des championnats classiques, à l'image de la Premier League qui organise son propre championnat U23. Mais au Mans, ce n'est pas encore à l'ordre du jour.
Quels objectifs pour 2026-2027 ?
L'ouverture du centre de formation rime forcément avec plus de moyens, plus de garanties pour les jeunes, mais aussi une hausse des attentes sur le plan sportif. Même si le club affirme que ce n'est pas un objectif absolu, la remontée des U16 R1 vers le championnat U17 National serait de bonne augure pour la suite. Mais la descente du Stade lavallois dans le même temps n'est pas favorable et promet un duel acharné avec une seule montée. Les U18 R1, après trois échecs, espèrent eux aussi retrouver le niveau U19 National. Enfin, la réserve souhaite se stabiliser en N2 pour continuer à servir de tremplin pour les jeunes qui découvrent le monde sénior. Cinq recrues ont d'ailleurs rejoint le groupe post-formation.

À la tête du centre, Philippe Pinson, arrivé l'été dernier en tant que responsable de la formation, va continuer sa mission. Actuel adjoint de Patrick Videira, Yohann Feurprier va quant à lui accompagner Olivier Pignolet à la tête de l'équipe N2 tout en passant son BEFF (Brevet d'Entraîneur Formateur de Football). Enfin, après une saison mitigée auprès des U18, Cédric Ligneul quitte le club un an après son arrivée. Frédéric Thomas le remplace, lui qui était jusqu'ici responsable de la préformation et coach des U15.
Quoi qu'il en soit, la saison s'annonce une nouvelle fois très intéressante pour nos jeunes, et La Tribune Mancelle sera là pour en assurer le suivi !






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