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Versailles, l’année d’après

Pour démarrer notre Tour de France du National, version 2023/2024, on s’envole à moins de 200 km du Mans pour rejoindre le chef-lieu des Yvelines, Versailles, où le club local, après une intersaison agitée, présente encore quelques incertitudes en ce début d’été.



Carte d’identité


· Année de création : 1989

· Stade : Montbauron (7545 places) ; matchs à Jean-Bouin

· Budget : non connu

· En National depuis 2022

· Distance avec Le Mans : 196 km

· Nombre de confrontations avec Le Mans : 2 (1V ; 1N)


Le club


Fondé en 1989 à la suite d’une fusion de deux entités locales, le FCV a végété longtemps dans les divisions régionales, pointant même au huitième niveau dans les années 2000. Et puis tout s’est accéléré, avec notamment l’arrivée de Youssef Chibhi sur le banc en 2014. Promu en National 2 en 2020, les Versaillais sont repris l’année suivante par l’investisseur Fiducim City, qui n’hésite pas à mettre la main au portefeuille lorsque que le FCV obtient son ticket pour le National la saison passée.


Mais cette évolution soudaine n’est pas sans conséquence, notamment au niveau des infrastructures, puisque le club yvelinois ne possède pas son propre stade aux normes et doit se délocaliser, encore pour la saison à venir, au stade Jean-Bouin de Paris. On évoqua même un temps une location du stade Marie-Marvingt en cas de montée en L2. Bonne nouvelle en revanche, les Versaillais disposent enfin d’un centre d’entrainement digne de ce nom puisqu’ils ont récupéré les installations de l’Ile de la Loge de Bougival, ancien lieu de résidence des féminines du PSG.



Menacé de dépôt de bilan il y a encore quelques semaines, un nouvel actionnaire majoritaire, en la personne d’Alexandre Mulliez, 4e fortune de France en 2016 et petit-fils du fondateur du groupe Auchan, a permis de passer l’obstacle DNCG, après avoir investi plus de 3 millions d’euros. L’encadrement de la masse salariale a tout de même été prononcé, car le club doit composer avec plusieurs juteux contrats signés l’an passé pour des salaires très élevés pour le 3e niveau du championnat de France.



La saison 2022/2023


Paradoxe versaillais, le club a démarré la saison 2022/2023 dans le rôle à la fois du promu et du favori. Il faut dire que l’équipe mise à disposition de Youssef Chibhi avait fière allure, avec des noms réputés qui ont débarqué au mercato estival : Pierre Gibaud, Romain Armand, Loïc Damour, Matthieu Dossevi, Thibault Jaques, Jeremain Lens, Mondy Prunier, Pierre-Yves Polomat, Fabien Lemoine ...


Malgré le risque de ne pas arriver à créer une osmose avec tant de grosses individualités, la première partie de saison versaillaise fut plutôt conforme aux attentes. Hormis une grosse claque à Concarneau en septembre (4-1), le FCV fit bonne figure en termes de résultats. A mi-parcours, le club était leader ex-aequo et pouvait donc entrevoir une nouvelle montée consécutive.


Quelques semaines plus tôt, l’équipe avait toutefois subi une première révolution avec le licenciement de l’emblématique coach Youssef Chibhi, mis en cause (puis condamné quelques mois plus tard) dans une affaire d’atteinte à l’intimité de la vie privée de majeur. Pour le remplacer, le Brésilien Cris, à peine débarqué par Le Mans, est appelé à la rescousse. Plutôt avec succès au départ, car même si le contenu des matchs reste assez décrié, les résultats suivent avec 7 rencontres sans défaite.



La deuxième partie de saison va néanmoins s’avérer beaucoup moins brillante avec notamment 1 seule victoire en 7 matchs (de la 22 à la 28e journée) qui font tomber le club à la 5e place début avril. Et au moment du sprint final, c’est le coup de fringale : les Versaillais terminent sur 4 défaites consécutives. S’ils conservent cette 5e place finale, ils terminent finalement à 11 points de la montée.


En termes d’individualités, peu de joueurs auront assuré sur l’ensemble de la saison. Révélation offensive du début d’exercice, Kapit Djoco (5 buts en 10 matchs) est cédé rapidement à Bastia. Mondy Prunier le suppléera efficacement en inscrivant 7 buts, soit le meilleur total de l’effectif. Jeremain Lens, le Néerlandais formé à l'Ajax, aura également été souvent décisif, mais aussi beaucoup trop absent. Quant aux anciens Sarthois, c’est surtout Loïc Damour qui aura été le plus présent (26 matchs), devant Pierre Gibaud (19). En revanche, Matthieu Dossevi (11 matchs) sera mis de côté en fin de saison, pas en odeur de sainteté avec le coach.


Le mercato


Dans la foulée de la réorganisation de la direction du club, un nouveau responsable du recrutement est d’abord arrivé en la personne de Salomon Kashala, ancien recruteur à Dunkerque. Pour le choix du coach, Cris ayant quitté son poste dès la fin du mois de mai, assurant avoir rempli son objectif qui était le maintien, le choix s’est finalement porté sur Laurent Peyrelade. Un très gros coup car le technicien a une réputation de bâtisseur, pour avoir fait monter Rodez du N2 à la Ligue 2 et en réussissant à maintenir le club ruthénois 3 saisons à ce niveau. Il était forcément la cible de pas mal d’équipe depuis son départ du RAF l’hiver dernier. L’ancien Muciste avait même été cité pour un come-back en Sarthe avant l’intronisation de Réginald Ray.



Côté joueur, fini les noms clinquants. Symbole de cette nouvelle politique, la première recrue fut le défenseur Lassana Diakhaby, chipé au rival martégal. Kevin Mbala, attaquant prolifique de la réserve du Paris FC fut la seconde prise. L’objectif est aussi de faire confiance en la jeunesse, comme le prouve aussi l’arrivée du meilleur joueur de National 2 (poule A) de la saison dernière Djibril Bangoura et de l'espoir formé à Metz Bilal Hend.



Arrivées : Lassana Diakhaby (Martigues) ; Kévin Mbala (Paris FC B) ; Kevin Nadje (Laval B) ; Djibril Bangoura (Châteaubriant) ; Bilal Hend (FC Progres Niederkorn, LUX) ; Jules Raux (Lille)


Départs : Mathieu Dossevi (libre) ; Diego Michel (libre) ; Dan Delaunay (Cholet) ; Kévin Pham Ba (Fréjus-Saint-Raphaël) ; Rachid Alioui (Hesperange, Luxembourg) ; Romain Armand (Bourges) ; Fabien Lemoine (fin de carrière)


La pré-saison


Les Versaillais ont opté pour un stage du 9 au 14 juillet à Montreuil-sur-Mer (62). Au menu, foncier et football bien sûr, mais aussi un peu de détente avec une activité kayak!



© FC Versailles / @thomasjobardphotos


Les premiers matchs amicaux ont été très encourageants, avec notamment une victoire obtenue face à un pensionnaire Ligue 2, Amiens. Le Paris FC sera encore au menu dans quelques jours, avant des oppositions face à des N2.


14 juillet : Triangulaire

Versailles 0-0 QRM (L2)

Versailles 1-0 Red Star (N1)

but: Djibril Bangoura


19 juillet : Versailles 2-1 Amiens (L2)

buts: Mondy Prunier ; Djibril Bangoura


26 juillet : FCV vs Paris FC (L2), au stade Fournier (Draveil)

29 juillet : FCV vs Chambly (N2), à Bougival

4 août : FCV vs FC Fleury 91 (N2), à Bougival


L’homme à suivre


Pas facile de sortir un nom parmi le gros effectif versaillais… Pourtant, cette saison on va miser sur un espoir tout juste arrivé dans les Yvelines : Bilal Hend.


Ce natif de Hagondange, en Moselle, débarque pour la première fois en National et pourrait y faire des ravages. Longtemps considéré comme un grand espoir du FC Metz, où il fait toutes ses gammes de 6 à 19 ans, aux côtés notamment de Vincent Thill, il n’avait finalement pas été conservé par les Grenats et se retrouvait sans club à l’été 2019. Après un essai infructueux à Nuremberg, il rebondit en N3 à Sarre-Union, appelé par le coach d’alors Stéphane Léoni. Très vite, il y fait sensation, faisant parler sa technicité et sa tonicité. A tel point que Nancy lui aurait proposé un contrat dès l’hiver suivant, que le joueur aurait repoussé pour terminer la saison avec les Sarre-Unionnais. Le Covid perturbera un temps la progression de l’ailier, qui participera à la courte saison 2020/21 sous le maillot d’Amnéville (N3).


Ne trouvant pas de port d’attache au haut niveau français, Bilal passe la frontière luxembourgeoise pour signer au Progrès Niederkorn, où il retrouve son ancien coach Léoni. Il y évolue pendant 2 saisons et demie, ponctuant notamment le dernière exercice de stats très positives : 10 buts et 5 passes décisives, et un titre de vice-champion qui envoie le FC PK en Conference League. Le franco-algérien, désormais âgé de 23 ans, est prêt à passer un nouveau palier et revenir dans son pays d’origine. C’est Versailles qui flaire la bonne pioche. Pour ce milieu virevoltant, capable de jouer aussi bien à droite qu’à gauche (avec une préférence pour ce dernier côté tout de même), et qui a la réputation d’être capable d’éliminer n’importe quel adversaire que l’espace soit ouvert ou réduit, le National pourrait être un superbe tremplin vers de nouveaux horizons.


© FC Versailles / @thomasjobardphotos

L’effectif (au 21 juillet 2023)


Gardiens : Sébastien Rénot ; Jules Raux ; Aly Yirango


Défenseurs : Gustave Akueson ; Lassana Diakhaby ; Waly Diouf ; Thibault Jaques ; Pierre Gibaud ; Pierre-Yves Polomat ; Florian Lapis ; Salimo Sylla


Milieux : Inza Diarrassouba ; Melvyn Vieira ; Jordan Leborgne ; Grégoire Lefebvre ; Agustin Amado ; Loïc Damour ; Chris-Kévin Nadje ; Kapo Sylva ; Djibril Bangoura


Attaquants : Bilal Hend ; Jeremain Lens ; Mondy Prunier ; Yohan Brun ; Kévin Mbala


Entraîneur : Laurent Peyrelade


Le prono


Premier club à passer au crible, il est encore bien tôt pour cerner au mieux la valeur du FC Versailles version 2023/2024. Nul doute que l'effectif qui participera à l'exercice à venir aura encore bougé par rapport au moment d'écrire ces lignes, notamment dans le sens des départs. Les derniers matchs amicaux restant à disputer donneront aussi de nouvelles indications.


Mais prenons quand même notre risque et plaçons de nouveau les Versaillais dans la catégorie des favoris à la montée. Déjà très bien placés les trois quarts de la saison passée, malgré les atermoiements sur le banc, il serait étonnant que cela ne se poursuive pas de nouveau cette année avec un effectif construit de manière intelligente et, surtout, avec aux manettes celui qui apparait comme l'un des tout meilleurs coachs de la division, Laurent Peyrelade. S'il arrive à bien monter la sauce entre les nouveaux venus et les anciens encore en contrat, il pourrait être difficile d'aller chercher les Yvelinois, dont le seul gros handicap sera de ne pas pouvoir compter sur un stade maison capable de jouer le 12e homme.

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